Charles-Ferdinand Ramuz | Le silence de la haute montagne

 

Le silence de la haute montagne, le silence de ces déserts d’hommes, (…) comme une main qui se referme autour du cœur.

Heureusement que le feu recommence à pétiller ou c’est une goutte d’eau qui tombe, ou c’est un peu de vent qui traîne sur le toit. Et le moindre petit bruit est comme un immense bruit. La goutte tombe en retentissant. La branche mordue par la flamme claque comme un coup de fusil ; le frottement du vent remplit à lui seul la capacité de l’espace. Toute espèce de petits bruits qui sont grands, et ils reviennent ; on redevient vivant soi-même parce qu’eux-mêmes sont vivants.

Charles-Ferdinand Ramuz, Derborence, Collection Les Cahiers Rouges, Éditions Grasset, 2003 ; pp. 16/17/18.

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