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[Le sourire] Eugenio de Andrade

                                                                             René Magritte-Le sourire-1923

 

 

Creio que foi o sorriso
O sorriso foi quem abriu a porta.
Era um sorriso com muita luz
lá dentro apetecia
entrar nele tirar a roupa ficar
nu dentro daquele sorriso.
Correr, navegar, morrer naquele sorriso.

Je crois que ce fut le sourire,
le sourire, lui, qui ouvrit la porte.
C’était un sourire avec beaucoup de lumière
à l’intérieur, il me plaisait
d’y entrer, de me dévêtir, de rester
nu à l’intérieur de ce sourire.
Courir, naviguer, mourir dans ce sourire.

 

Eugenio de Andrade, L’autre nom de la terre, Traduit du portugais par Michel Chandeigne et Nicole Segados, Éditions de la Différence, 1990.

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