**

*

 
Le pêcheur

J’ai dit,
Écoute, je connais le Dieu véritable,
il habite dans une grande ville
pleine de néons, de femmes, et d’autres merveilles.
Son sang bat dans les veines des rues
sur lesquelles il veille. Il a des horloges dans les yeux.
Et son souffle est la musique qui résonne,
puissante, dans les salles de concert,
parle à ma place, parce que je suis le fils de l’homme.
Viens avec moi chercher le royaume !
Mais il n’enleva pas les mains des filets,
il leva seulement les yeux bleus du ciel,
plus haut,
et regarda encore en silence
le vol clair de la mouette tournant dans l’espace
à sa portée.
Quand il chantait des psaumes,
avec les poissons moribonds dans les barques,
c’est lui qui m’a repêché.
Autrefois, dans la nuit, il vint vers moi par les vagues,
et ses pas découvraient dans l’abîme
les étoiles que je ne connaissais pas.

Borussia, 1995.

Wojciech Marek Darski, Terra Nullius, Une anthologie de la poésie polonaise contemporaine de Vannie et Mazurie, Traduction et présentation de Frédérique Laurent, Éditions Folle Avoine, 2004, p 53
 

*

**

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.