Je ne suis pas de ceux qui tuent à distance, camouflés dans l’air
invisible.
Je ne suis pas de ceux qui protègent leur crime sous le voile
d’une loi ou d’une église.
Je surgis du sein des multitudes, ivre d’indignation et de colère ;
peu m’importe de mourir, je sais que ma mort est dérisoire face
à l’entreprise splendide
de montrer au tyran que sa chair est mortelle, que même le
dernier esclave
peut de son front toucher les étoiles, et brandir la hache de la
justice ;
que nul n’est assez misérable qui ne puisse dépouiller un roi de son trône,
que le dernier des hommes peut, à son heure, être le grondement
et la foudre d’un dieu de colère.

 

William Ospina, À qui parle Virginia en marchant vers l’eau ?, Traduit de l’espagnol ( Colombie ) par Tania Roelens, Édition bilingue, Collection D‘une voix à l’autre, Cheyne Éditeur, 2004, p.15.

 

 

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