Voix de poète | Louise Glück lisant ses textes

 

 

THE HAWTHORN TREE

Side by side, not
hand in hand : I watch you
walking in the summer garden—things
that can’t move
learn to see ; I do not need
to chase you through
the garden ; human beings leave
signs of feeling
everywhere, flowers
scattered on the dirt path, all
white and gold, some
lifted a little by
the evening wind ; I do not need
to follow where you are now,
deep in the poisonous field, to know
the cause of your flight, human
passion or rage : for what else
would you let drop all you have gathered ?

 

 

L’AUBÉPINE

Côte à côte, pas
main dans la main : je vous observe
vous promener dans le jardin d’été – les choses
qui ne peuvent se mouvoir
apprennent à voir ; je n’ai pas besoin
de vous chasser à travers
le jardin ; les êtres humains laissent
des traces de sentiments
partout, fleurs
éparpillées sur un chemin de terre, toutes
blanches et dorées, certaines d’entre elles
à peine soulevées par
le vent du soir ; je n’ai pas besoin
de vous suivre là où vous êtes à présent,
dans les profondeurs du champ empoisonné, pour connaître
la cause de votre fuite, passion
humaine ou rage : pour quoi d’autre
laisseriez-vous tomber
tout ce que vous avez réuni ?

Louise Glück, L’iris sauvage, Poèmes, Édition bilingue, Traduit de l’anglais (États-Unis) et préfacé par Marie Olivier, NRF / Gallimard, 2021, pp.36&37/ 105&106.

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