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Ce qu’a dit le tonnerre

Après le feu des torches sur les faces en sueur
Après le gel du silence aux jardins
Après l’agonie aux lieux rocailleux
Après les cris et les clameurs
Après la geôle et le palais après l’écho
Du tonnerre printanier au loin sur les montagnes
Lui qui vivait Le voici mort
Nous qui vivions voici que nous allons mourir
Avec un peu de patience

Ici point d’eau rien que le roc
Point d’eau le roc et la route poudreuse
La route qui serpente à travers la montagne
La montagne de roc sans eau
S’il y avait de l’eau nous ferions halte et nous boirions
Comment parmi les rocs faire halte ou penser
La sueur est séchée les pieds sont dans le sable
Si seulement il y avait de l’eau parmi ces rocs

Thomas Stearns Eliot, La terre vaine et autres poèmes, Traduit de l’anglais par Pierre Leyris, Edition bilingue, Points/Poésie, 2006, p 87

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