Roberto Juarroz | Il dessinait partout des fenêtres

La Fenêtre bleue Henri Matisse New York The Museum of Modern ArtHenri Matisse-La Fenêtre bleue -Museum of Modern Art NY

 

Il dessinait partout des fenêtres.
Sur les murs trop hauts,
sur les murs trop bas,
sur les parois obtuses, dans les coins,
dans l’air et jusque sur les plafonds.
Il dessinait des fenêtres comme s’il dessinait des oiseaux.
Sur le sol, sur les nuits,
sur les regards tangiblement sourds,
sur les environs de la mort,
sur les tombes, les arbres.
Il dessinait des fenêtres jusque sur les portes.
Mais jamais il ne dessina une porte.
Il ne voulait ni entrer ni sortir.
Il savait que cela ne se peut.
Il voulait seulement voir : voir.
Il dessinait des fenêtres.

Partout.

Roberto Juarroz, Douzième Poésie verticale, Traduction de l’espagnol ( Argentine) par Fernand Verhesen, Présentation de Michel Camus, Éditions Orphée/La Diférence, 1997.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.