L’espace dans lequel s’engouffrent les oiseaux
n’est pas cet autre, intime, où s’accroît ta stature.
(À l’air libre, là-bas, tu t’éludes toi-même
et tu te perds au loin sans jamais revenir.)

L’espace, hors de nous, gagne et traduit les choses :
si tu veux réussir l’existence d’un arbre,
investis-le d’espace interne, cet espace
qui a son être en toi. Cerne-le de contraintes.
Il est sans borne, et ne devient vraiment un arbre
que s’il s’ordonne au sein de ton renoncement.

(juin 1924)

Rainer Maria Rilke, Le vent du retour, Traduit de l’allemand par Claude Vigée, Éditions Arfuyen, 2005, p.165.

 

 

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