Pierre-Albert Jourdan | Extraits

 

 

 

Je revois cette feuille brûlée de gel, recroquevillée, tombant comme à regret sur le sol dans un mouvement balancé, comme un vieux chiffon, un bout de papier qui aurait été léché par la flamme. Et cela, qui subsiste dans ma mémoire comme un signe trop déchiffrable — n’est-ce pas le quotidien ? Je dis trop déchiffrable parce que c’est au-delà des clichés que peut apparaître — quoi ? — l’insondable. L’insondable du quotidien même.

*

 

Le « soyez passant » de Jésus dans l’Évangile selon Thomas est parole d’amandier en fleurs.

Ce n’est pas une fuite, c’est une vue suffisamment large pour nous permettre de comprendre que s’attarder est quelque chose d’absolument impossible. Et qui ne s’attarde pas, s’il a pleinement réalisé cet enseignement, peut aller très loin.
Aussi bien cela peut s’accomplir dans l’immobilité.

 

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Il doit être possible de dépasser la pluralité des voix, mais le chemin qui permet de les dépasser passe par la pauvreté.

 

 

Pierre-Albert Jourdan, Exercices d’assouplissement, Décembre 1975-Avril 1976, Avec sept dessins et deux pages manuscrites de l’auteur, Voix d’encre, 2012, non pag.

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