Paul Valet | Paroxysmes

 

Paul Valet Paroxysmes

 

 

 

 

Un peu de botte Un peu de chant Un peu de cri Un
peu de glapissement Un peu de feulement Un peu de
hurlement Mélanger Ajouter Rétracter Enrober
Rissoler Fricasser Écumer Étouffer Étouffer ÉTOUFFER ÉTOUFFER!

 

*

 

Art poétique mutin

Il n’y a qu’un seul moyen de se libérer des poèmes hygiéniques décrottés Rugir sans répit
Se relire cent fois avant chaque virgule ridicule
La fin est plus féroce que le début Elle part en claquant les portes et en les pulvérisant
Ni femmes ni fleurs ni couronnes
Ébranler sauvagement tout essai de s’asseoir sur la chaise percée du Cénacle Tabernacle
Piétiner toute idole et ses prêtres aux rictus purulents
Il importe que l’oscillation du texte poétique se nourrisse d’un déséquilibré à toute épreuve
Pas de normalité ni de normalisation Bâillonner la petite bouche
Dépasser l’envers de tout cri d’horreur insondable
Étouffer la paix intérieure et son aura narcotique
Inconfort parfait
Dérèglement de l’attention d’où jaillira le poème libre de contrainte de préméditation ou d’écriture automatique
Rayer Traquer Bouleverser Mutiler Trébucher
Dévaster les barrages
Je ne vous promets que du feu et des cendres
Essayez de dompter ma dure Poésie Crucifiée !
Car ce n’est pas moi qui sévis mais ELLE dont je ne suis que
Témoin et Valet

Paul Valet, Paroxysmes, Éditions Le Dilettante, 1988, pp.44&s.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.