Le slam poétique de Natasha Kanapé Fontaine | N’entre pas dans mon âme avec tes chaussures

 

 

N’entre pas dans mon âme avec tes chaussures.
Proverbe tzigane

Ne fuis rien si tu ne sais où aller exactement. Un pays, un homme. Tu as aimé. Ils se fracassent ensemble, telles des plaques tectoniques, pour ne former plus qu’une seule et même complainte. Un cantique des cantiques. Une sauvagerie profonde pour enfin mettre le feu à l’histoire, à ta douleur, à vos légendes. À vos peines à tous. Sans celles-ci tu ne voudrais pas être toi. Sans celles-ci tu ne crierais pas au génocide. Puis tu traverses un fleuve. Béant. Sans te retourner. L’exil devient un héritage. Le Saint-Laurent s’éteint en rouge les soirs d’équinoxe. Les étés indiens, tu les fuis. Depuis, tu cherches à effacer l’eau, unir tes peuples, chanter des berceuses, ou encore, hurler. Tu dessines des cartes sauvages dans les peintures de ton âme. Tu écris ce que tu n’arrives pas à décrire. Tu… DEVIENS métisse, assise entre deux mondes, deux rives, deux histoires. Non, tu danses. Faire entendre la voix des tiens. Avec les autres. Unir. Ton chant de paix.

Natasha Kanapé Fontaine, N’entre pas dans mon âme avec tes chaussures, Prologue, Éditions Mémoire d’encrier, 2012, p. 4.

 

Slam poétique Natasha Kanapé Fontaine

 

 

 

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