Maria-Mercè Marçal | Voiles d’oignon ou la danse secrète

 

 

 

 

Près de l’évier
des mains de femme dénudent
des danses de voiles
d’oignon, racines
de jour et d’ombre
apprise et désapprise,
toiles d’araignée
en feu
pelures
de fleur de cuivre
secrète.

Des mains de femme
tissent
et détissent
un désir translucide
— près de l’évier —
mantille de mariée nue et défendue,
d’enfant né
dans les langes
d’une intacte
promesse.

Des mains de femme savent,
mais désistent :
tous les jours elles ferment
et aveuglent et oublient
— près de l’évier —
la danse secrète.

Maria-Mercè Marçal, Trois fois rebelle, traduit du catalan par Annie Bats, Éditions Bruno Doucey, 2013, p.83.

 

 

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