Luc Bérimont par Robert Hossein

 

LE GRAND CHOSIER (3)

Chez Ponge ou Bérimont, il appelle la terre; chez le premier par le panorama de sa surface « comme si l’on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes.
Ainsi donc une masse amorphe en train d’éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s’est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses… Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, – sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente.
Ce lâche et froid sous-sol que l’on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable…»

Chez le second encore, « la mort sucrée des branches», et ces arbres qui dérivent « dans les bras des servantes».

S.-E. S.

La huche à pain
Auteur : Luc Bérimont
Récitant : Robert Hossein

Luc Bérimont, La huche à pain, Extraits, Signes ( Revue), Mars 1985, P.7.

 

 

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