J’arrive à la ville
Lhasa de Sela

 

Un poème est une ville
Charles Bukowski

 

 

Voici le jour d’après
New-York Dublin ou Marseille désertes
j’arrive à la ville construite à l’intérieur du temps
pour y verser les jours verts de nos grandes prairies
la ville creusée dans sa mine de charbon où marchent les chevaux de fond
la ville du bord de mer
le port où les bêtes harnachées tirent les barques au milieu des eaux sales
qui débordent de gisements de bauxite et de fer
dans les villes il y a l’ombre des chevaux

je descends les marches du métro
je descends vers les cages et les bennes
dans les galeries de circulation
je descends au fond par le puits du silence
parmi les allées aux colosses de pierre
au milieu des lumières
les soleils jetés emplissent ma poitrine j’arrive dans les villes
au milieu des danseuses passées près d’ici
je cherche les poètes arrivés en fuyant  rue Basse des Remparts
cachés là depuis des siècles
je monte la rue de la Rumeur où dansent les buveurs d’horizons
aux mangeoires tintant de pièces de cuivre
j’arrive à la ville
le flot des ombres m’emporte très vite vers ces palais
qui ont l’air d’être partis
loin de nos villes étrangères barjacantes d’étoiles.

 

 

Sylvie-E. Saliceti 4 avril 2020 Marseille

 

 

 

lhasa_de_sela-the_living_road

J’arrive à la ville
Auteur, compositeur, interprète : Lhasa de Sela

 

 

En seulement trois albums studio, un live et trois tournées internationales, Lhasa de Sela a laissé une trace unique dans l’histoire de la musique populaire contemporaine. Ses chansons claires obscures et hors du temps sont habitées par les sentiments sincères d’une artiste dont le chant à fleur de peau propose un pacte de complicité intime avec celui qui l’écoute. (…) Dans la courte, mais sans faille discographie de Lhasa, The Living Road se situe au centre. Paru en 2003 et terminé au Canada, il a commencé à prendre forme en France où elle a vécu. Le violoncelliste Vincent Ségal et le trompettiste Ibrahim Maalouf sont du voyage. De ses trois albums, celui-ci est sans doute le plus varié. Lhasa y fait cohabiter trois langues, l’espagnol, l’anglais et le français, dont elle a parfaitement maîtrisé les potentiels poétiques. Les ambiances et les mélodies sont riches et voyageuses. On retrouve les accents de rancheras mexicaines ou de mélodies des Balkans qui caractérisaient La Llorona, ailleurs on perçoit les prémices de l’américana rêveuse de son ultime album et, dans les morceaux en français, une certaine mélancolie européenne se dégage de l’orchestration. L’élégance est de mise et le chant de Lhasa, précis, unique et émouvant rend ses douze perles captivantes.

Source : Qobuz

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.