Le marais | Sylvie-E. Saliceti

 

Dans le marais où les saules se plaisent — et puisque l’arbre est compagnon de l’arbre —  les saules boivent aux mêmes eaux vertes que les Frênes têtards alignés pour la première haie des conches et fossés. Ils boivent à côté des peupliers de seconde haie, près des aulnes imputrescibles à la chair rouge.

L’herbe se rassemble aux pieds des colosses — autour des troncs sagement rangés, s’entortille et s’agrège un désordre de plantes souples, indisciplinées, de flores sauvages dont chaque nom se prononce comme un fruit cueilli entre les dents. Chaque nom lavé sur la langue rend habitable un pays singulier. Souci d’eau. Salicaire. Oreille d’Âne. Iris. Faux-Acore. Grande Cardère, autrement appelée Fontaine aux Oiseaux, dont les feuilles recueillent les pluies et les rosées bues par les moineaux.

Ce pays-là naît dans le grand marécage où les plates — petites barques conduites par des perches qui passent — les plates murmurent des raisons de porter des flambeaux au cœur des ténébreuses rivières,
en fendant leurs eaux muettes.

Sylvie-E. Saliceti 29 03 2020

 

 

Pierre de Bethmann Trio - Chant des marais

La chant des marais
Moorsoldatenlied (chanson des soldats de marécage)
Compositeur : Rudi Goguel
Interprète : Pierre de Bethmann Trio

 

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