Poursuivant l’inventaire poétique du monde entrepris avec les Odes élémentaires, Pablo Neruda chante maintenant les pierres précieuses. Quels secrets se cachent derrière la beauté du rubis, de l’émeraude, de la topaze ou derrière celle plus simple de la calcédoine ? C’est à cette quête, et par là même à une méditation sur la vie, la mort, la durée, l’éternité, la solitude que se livre Neruda dans ce recueil. Mais il y a aussi les autres pierres, les roches qui parsèment la Cordillère des Andes et l’immense littoral chilien, notamment celles de la Côte Sauvage de l’Île Noire, où se dresse la maison de Neruda : elles ont également excité sa curiosité. Déchiffrer les hiéroglyphes de ces formes suggestives est un acte poétique auquel Pablo Neruda donne une dimension primordiale. (Quatrième de couverture)

 

 

Moi seul accours, parfois,
au petit jour,
à ce rendez-vous avec les pierres échouées,
humides, cristallines,
cendrées,
et les mains pleines
d’incendies éteints,
de structures secrètes,
d’amandes transparentes,
je retourne à ma famille,
à mes devoirs,
plus ignorant qu’au temps de ma naissance,
plus simple chaque jour,
chaque pierre.

Pablo Neruda, Les Pierres du ciel, Les pierres du Chili, Poèmes traduits de l’espagnol par Claude Couffon, Gallimard, 1972.

 

 

Les pierres de Neruda
Auteur, compositeur, interprète : Jacques Palliès

 

 

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