Marie Etienne & Georges Brassens | La poupée

 


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L’Idiot est frère de la Poupée, lui aussi, marionnette, dans le burlesque américain, agi, fragile, en proie à sa perplexité, à la malignité des autres. Pas tout à fait victime car il sait se défendre, pas du tout victorieux et encore moins dominateur.
La poupée marionnette cherche à quitter ses fils, prenant appui sur son mentor pour conquérir légèreté et bien sûr liberté. Cette variante de l’idiot est constante et ancienne dans la littérature et le théâtre, au moins. Probablement dans la peinture. Puisque conforme à cette idée que la féminité et la fragilité s’accordent bien ensemble, ce qui permet et justifie la subordination.
Et à présent, voici deux femmes. La Douce d’abord, un Idiot féminin, du même Fedor Dostoïevski. Et Lillian Gish, dans deux films de Sjoström. Deux poupées dont on joue. L’une meurt, l’autre pas. Toutes deux, silhouettes minuscules, l’une dans Petersbourg, l’autre dans l’étendue ventée ou la campagne presque anglaise du Nouveau Continent, dont le puritanisme amène presque Lillian – Hester jusqu’au bûcher.

Marie Étienne, Les yeux fermés ou les variations Bergman, Éd. José Corti, 2011, p. 178

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Auteur, compositeur, interprète : Georges Brassens

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