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Les premiers arrivants en sol québécois sont originaires des provinces de Normandie, de Bretagne, du Poitou, de Picardie et d’Île-de-France. Ils apportent dans leurs bagages les folklores de leurs régions respectives, œuvres souvent métissées d’influences anglo-saxonnes découlant des guerres et des occupations subséquentes. Cet héritage français constitue évidemment la part la plus importante de notre répertoire traditionnel.
En 1763, la Nouvelle-France devient une colonie anglaise. Les habitants vont côtoyer des soldats et des colons anglo-saxons (surtout Écossais et Irlandais). La langue du conquérant étant spontanément boudée, c’est, insidieusement, dans la musique instrumentale que l’apport des folklores celtiques se fait sentir. Le répertoire traditionnel québécois est mélangé de reels et de gigues (jigs). On retrouve cette influence jusque dans la manière du violoneux jouant assis, marquant de ses pieds le rythme. Des paroles françaises se grefferont peu à peu sur ces danses britanniques : de La Bolduc à Gilles Vigneault, si le texte est français, la musique est souvent d’origine anglo-saxonne.

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Qu’est-ce que ces chansons traditionnelles, dans leurs thèmes et leur facture, nous apprennent des valeurs de la société québécoise des XVIIe et XVIIIe siècles ? Le thème de la fidélité y occupe une place importante. La fidélité amoureuse est exaltée dans des chansons comme « Le roi a fait battre tambour », « En montant la rivière » et « Le Roi Renaud ». Les rares emprunts aux langues étrangères, surtout à l’anglais, démontrent que les musiciens sont attachés au français de leurs ancêtres. Fidélité au répertoire français : les folkloristes seront plus tard étonnés de découvrir des milliers de chansons oubliées en France mais parfaitement préservées au Québec. Fidélité à un héritage musical : notre folklore conserve son attachement aux modes anciens, tandis qu’en France les gammes majeures et mineures prennent peu à peu toute la place.

Robert Léger, La chanson québécoise en question, Éditions Québec Antique, Format numérique, 2003, pp.3 & 12.

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Les maudits français
Auteur, compositeur, interprète : Lynda Lemay

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