Jaroslav Seifert | Ni la tour de marbre à Pise


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Ni la tour de marbre à Pise,
ni les chutes du Niagara,
ni la lune sur la fourrure noire de la nuit,
ni l’épée nue à la poignée dorée,
ni la colonne d’albâtre frémissante
ne sont aussi belles qu’une femme nue.

Et même ce chant,
le Cantique des cantiques, c’est-à-dire le plus beau
de tous les chants du roi Salomon,
n’est pas aussi beau,
même entonné par le chanteur
qui gratte les cordes d’une grappe de raisin.

Jaroslav Seifert, Les danseuses passaient près d’ici, La fonte des cloches, Choix de poèmes 1921-1983, établi, traduit et présenté par Peter Kràl et Jan Rubeš, Actes Sud, 1987, p 111

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