Il y a (regarder les choses) | Laurent Albarracin & Gaëtan Roussel

 

 

Alors les choses ont un destin. Celui d’être ce qu’elles sont mais qui ne leur est pas donné, qu’elles ont à se prendre, à s’arracher à la gangue d’elles-mêmes. Ce destin est le leur propre, différent selon chacune, mais qui a toujours à voir avec la chose figurée dans la chose. Car la figure est le propre de la chose. l’auto-figuration est le principe générique des choses. Ainsi toute chose s’illumine de soi. 

 

IL Y A

 

Il y a une feuille libre
qui n’est attachée à rien
et qui est la feuille de cela qu’elle
n’est attachée à rien et pourtant bien
la feuille de cet arbre-là

(…)

Il y a un soleil qui brille pour chacun
et un soleil qui brille pour tous
ce n’est pas le même
et il n’est pas différent

(…)

Il y a un silence
où résonne l’écoute attentive
et l’envie de tout entendre

(…)

Il y a un il y a
qui ouvre le conte
des inventaires

(…)

Il y a l’œil
le plus partagé des trésors
le plus intouchable aussi

Laurent Albarracin, Le grand chosier, Editions Le Corridor Bleu, 2015, pp.63 à 67.

 

 

Nature morte L’Effort Moderne
Le Corbusier (Charles-Edouard Jeanneret, dit)
(1887, Suisse – 1965, France)
1922
Centre Pompidou

 

Il y a
Auteur, compositeur : Gaëtan Roussel
Interprètes : Fréro Delavega

 

 

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