Il y a deux maîtres, disait Garcia Lorca : Antonio Machado et Juan Jamón Jiménez […] Le second, grand poète troublé par une terrible exaltation de son moi, écorché par la réalité qui l’environne, incroyablement déchiré par des riens, à l’aguet du moindre bruit, véritable ennemi de son exceptionnelle et merveilleuse âme de poète.

Dans Platero et moi, Juan Jamón Jiménez, Prix Nobel de littérature, livre une vision touchante et profonde de Moguer, son village natal. Que dire de l’âme d’un village qui nous habite si bien qu’il en vient à résumer l’univers ? « Je t’ai dit, Platero, que l’âme de Moguer c’était le vin, j’avais dit une stupidité, n’est-ce pas ? Non, l’âme de Moguer c’est le pain. Moguer est comme un pain de froment, blanc à l’intérieur comme de la mie, et doré autour — oh soleil qui brunit ! — comme la tendre croûte. »

Apparenté au Petit Prince de Saint-Exupéry, le récit entreprend de suivre le narrateur en compagnie de son âne — Platero — sur les chemins de ce village d’Andalousie, au fil d’un voyage initiatique d’une lumineuse poésie.

Sylvie-E. Saliceti

Moguer
Auteur : Juan Ramón Jiménez

Interprétation : Estrella Morente
Guitares : José Carbonell Montoyita / Alfredo Lagos

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