Comment dire ? | Marie Bastide et Julien Clerc

 

Point de poésie aujourd’hui (sauf bien sûr les quelques lignes de Juarroz mises en regard), mais une chanson tenant à la belle collaboration entre un compositeur emblématique, et Marie Bastide auteur de ce texte. On songe au Dictionnaire amoureux de la chanson française rappelant comment Julien Clerc, « cet homme aux propos toujours mesurés dit fermement « jamais » quand on lui demande s’il écrira un jour les textes de ses chansons. Quand il s’agit de parler d’une rupture amoureuse, d’un nouvel élan du cœur ou de ses souvenirs d’enfance, il lui arrive de passer commande. Il rature, il oriente, il corrige, il ergote parfois. Mais il n’écrit pas.» On songe aussi à celui qui fut et restera un pilier dans son parcours : «Étienne Roda-Gil avec qui il se brouille et qui proclame dans la presse, en 1982 : « Il fallait bien que Julien tue le père »…

Ils se retrouvent en 1992, notamment avec cette magnifique chanson écrite à propos du Chili, dont l’écho s’avère universel en vérité: « Dans n’importe quel quartier d’une lune perdue, même si les maîtres parlent et qu’on ne m’entend plus, même si c’est moi qui chante à n’importe quel coin de rue, je veux être utile à vivre et à rêver. » C’est cela oui, il faudrait être Utile, à son propre cœur comme à celui d’autrui. À cet égard, il arrive que la chanson devienne un art majeur, à ces heures très rares où chanter signifie – l’image est de Sergueï Essenine − rouler comme une pomme aux pieds des autres.

Sylvie-E. Saliceti

 

Comment dire à celui qui nous abandonne
ou que nous abandonnons
qu’ajouter encore une absence à l’absence
c’est noyer tous les noms
et dresser un mur
autour de chaque image ?

Roberto Juarroz

 

Comment tu vas ?
Auteur : Marie Bastide
Compositeur, interprète : Julien Clerc

 

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