Christian Olivier, du groupe des Têtes Raides, habitué à la lecture-performance d’œuvres poétiques (Desnos, Tsvetaïeva, Artaud, Rimbaud, Dagerman, Genet…) l’année dernière a créé un spectacle de lectures de chansons françaises intitulé Chut, dont l’aspiration était de faire écouter des paroles souvent mal entendues. L’expérience est inédite. Des refrains aussi anodins à notre oreille que Marcia Baila des Rita Mitsouko ou Le Téléfon de Nino Ferrer prennent des accents neufs. « Outre le plaisir que j’y prends, l’idée était également de mettre en valeur, et en abyme, sous des arrangements, une mélodie, des boîtes à rythme… » Résultat : un écho différent,  une voix autre, des silences et un timbre insoupçonnés, toutes choses révélant ce qui était oublié : «des textes si cachés » que nous croyons les découvrir.

Christian Olivier a gratifié Arte Radio de quelques-unes de ces lectures. Ici, La nuit je mens signé Jean Fauque et Alain Bashung.

Le travail acoustique est signé Arnaud Forest.

Comme l’on a écrit une histoire de bleu, il faudrait écrire un jour une histoire du son — de la qualité du bruit habile à réinventer la vérité d’un texte. La nuit je mens, je prends des trains à travers la plaine. La nuit je mens, je m’en lave les mains…

Sylvie-E. Saliceti

Grotte de La Grande Baume 8 février 2020 Photographie S.-E.S.

 

La nuit, je mens
Auteurs : Jean Fauque & Alain Bashung
Récitant et composition musicale : Christian Olivier & Têtes Raides
Mai 2015 Arte