Stratis Pascalis ( Grèce 1958 – ) | Cartographie de la lumière

 

 

Cartographie de la lumière

wp-15781661168331623445346303480129.jpgLa lumière est aux aguets partout Phot. S.-E. S.

 

 

La lumière est aux aguets partout
Cachée dans les veines du vent.
Au fond des yeux de l’aube l’ancienne prisonnière
Dans les sentiers rudes et obscurs de la mer
Ou le crépuscule des cyprès qui seuls additionnent les morts
Et mieux que personne résistent au déchirement de l’éclat
Dans les cloîtres aux confins.
Tandis que le volcan qui soudain tressaille
Terrifie la bête assoiffée qui cherche dans les genêts la rosée
Puis l’éclat descendu de très haut.

 

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qui cherche dans les genêts la rosée puis l’éclat descendu de très haut Phot. S.-E.S.

 

Stratis Pascalis, In Les poètes de la Méditerranée, traduit du grec par Michel Volkovitch, Anthologie, Édition en français et dans toutes les langues originales, Préface d’Yves Bonnefoy, Édition d’Eglal Errera, Gallimard /Poésie, Culturesfrance, 2010, pp.84/85.

Les mots aussi sont des demeures | Jean Cayrol

 

 

 

Une langue souveraine, folle dans sa sagesse, incorruptible, brûlante.
Phot. S.-E.S. 28 12 2019

 

 

Les mots aussi sont des demeures.
Il faut les rendre habitables, les restaurer dans leur splendeur première, imposer leur innocence sans prix.
Des demeures pour tout le monde, avec ce terrible loyer que nous payons en misère, en combats de toute sorte, en mensonge.
Des demeures ouvertes, hospitalières, dont l’accueil n’est pas réservé aux notables d’une poésie secrète, froide, aux aguets, mais à ceux qui connaissent l’usure insensée de la parole et veulent méditer sur une langue souveraine, folle dans sa sagesse, incorruptible, brûlante. Elle a coûté cher sur certaines lèvres têtues, cette joie par les mots.

 

Jean Cayrol, Préface Les mots sont aussi des demeures, Chacun vient avec son silence, Anthologie, Choix et préface par Xavier Houssin, Points/Poésie, 2009, p.109.

 


Phot: S.-E.S. 28 12 2019

 

Calanques | Myriam Eck (extraits)


 

 

 

 

Calanques de Marseille Février 2019 Photographies S.-E.S.

 

Les oiseaux ne volent pas pour la vue

Libre c’est trop
Loin

*

La lumière n’attend pas le sol
Pour tomber

Quand elle n’atteint pas le sol c’est que le vent l’a séparée

*

Ce que le vent vient bouger en moi ce n’est pas le paysage mais

Ma place
Dedans

*

Je retire mes mains du paysage

La mer en morceaux

Myriam Eck, Calanques, Dessins de Paul de Pignol, Éditions Centrifuge, 2018.

Calanques de Marseille Février 2019 Photographies S.-E.S.