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Ligne du jour (textes en chantier)

atelier et mise en chantier de textes personnels, journaliers, de peu de mots, qui suivent sujets, rythmes et formes au gré des humeurs. Variant les tons, les registres, alternant prose pure et poésie, s’affranchissant de toute attente, de toute contrainte y compris de publication, allant de l’humour léger ou délirant au sérieux le plus grave,  en passant par le conte pour enfants. Bref, ne s’interdisant rien, surtout ne s’obligeant à rien, jamais. L’art ne sert-il à rompre les mécaniques, notamment celles de la pensée ? (  le sens de cet atelier lui-même évolue, dévoilant peu à peu des attentes implicites.) Voilà pourquoi l’on s’abstiendra ici de toute définition, l’oiseau n’aime pas les définitions qui dressent autant de cages. Voilà au fond comment nos textes se fabriquent. Ici ils sont proposés dans leur premier jet, et s’assument donc tels qu’ils sont à ce stade — encore inaboutis. L’idée est de travailler sur le lieu alchimique de l’écrit, en observant l’artisanat des forges depuis l’épreuve initiale jusqu’à l’étape ultime. Cette dernière d’ailleurs peut signifier l’effacement pur et simple du texte (je coupe beaucoup). Souvent, l’on assiste à une métamorphose totale. Une écriture au cœur du chantier, c’est exactement cela…

Textes qui montrent l’imperfection, pour mieux rendre à la matière le geste de la main, la valeur inaliénable d’artisanat vivant de chaque phrase, enfin la correspondance entre les mots et les choses.

De prime abord posées dans une discontinuité, il arrive (ou non) que ces lignes se rassemblent peu à peu naturellement, au sein d’un canevas rendu visible par le jeu des récurrences, des oppositions, de la sérendipité.

Sylvie-E. Saliceti 31 03 2020