Archives de catégorie : Wieder-Atherton ( Sonia )

Jean-Claude Grumberg | La plus précieuse des marchandises

Anselm Kiefer-Resurrexit -1973

Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron.

Non non non non, rassurez-vous, ce n’est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout. Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons…

Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été, une chaleur accablante s’abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale. La guerre mondiale, oui oui oui oui oui.

 

Jean-Claude Grumberg, La plus précieuse des marchandises, Un Conte, Éditions du Seuil/ Collection Points, 2021.

 

Chanson
Traditionnel
Chants juifs
Sonia Wieder-Atherton, violoncelle
Daria Hovora, piano

Danse | Sonia Wieder-Atherton

 

Pour A. G., avec mon amitié, en ce jour qui est aussi forcément celui de la mémoire,

 

Le temps de Pessah ou de Pâques, n’est-il toujours une fête de la liberté, du printemps et de la danse ? L’occasion de réécouter Sonia Wieder-Atherton et — chose plus rare — de la lire.

Bonnes fêtes à vous,

Sylvie-E. Saliceti Ce 11 avril 2020

 

DANSE

 

L’enfant regardait le vieil homme qui dansait et qui semblait danser pour l’éternité.
– Grand père pourquoi danses-tu ainsi ?
– Vois-tu mon enfant, l’homme est comme une toupie. Sa dignité, sa noblesse et son équilibre, il ne les atteint que dans le mouvement…
L’homme se fait de se défaire, ne l’oublie jamais !

Je crois qu’une fois qu’on a ressenti les forces que donne la joie, on n’oublie pas et on veut recommencer. Joie qui, comme dit encore Nahman de Bratslav, se saisit du corps de l’homme et voit ses mains, ses pieds se lever pour se mettre à danser.

Danser pour apercevoir un espace plus grand
Danser pour s’élancer
Danser pour libérer ses propres forces et rompre des fils invisibles
Danser de plus en plus vite
Jusqu’à ce que, épuisé, on se laisse tomber
Et que sur les lèvres se dessine, imperceptible, le sourire de cette liberté trouvée.

Sonia Wieder-Atherton, Quatorze récits, Naïve, 2010.

Danse
Chants juifs
Sonia Wieder-Atherton, violoncelle
Daria Hovora, piano