David Bowie : a very strange enchanted boy

 

 

luc lagarde touche étoile

 

Mais je n’avais pas vu le Bowie glam, incroyablement sensuel. Je n’ai pas vu non plus Bowie lorsque des années plus tard il se produisit à Broadway, dans le rôle d’Elephant Man. Le premier rendez-vous manqué me laisse inconsolable. Le second m’aurait dévoilé, si je m’étais rendu à New-York, la pure essence dramatique de Bowie tel qu’on doit le connaître et l’appréhender : hanté par le personnage du fou, du monstre asocial et du clown, du poète maudit, de l’homme déchu, en disgrâce ou en exil. Bowie qui changeait si souvent de personnage restera fidèle toute sa vie durant à ces créatures de l’ombre (…).

Il donne corps à des fantômes, à des êtres vulnérables, intenses — projetés on ne sait comment dans la nuit animale, et c’est ainsi que se conçoit la malédiction.
La vie de cet homme s’achève dans une comédie musicale, tout jeune homme il rêvait déjà de se lancer dans pareille entreprise. Lazarus, ce mot comme une énigme (…)

Luc Lagarde, Bowie, la touche étoile, Éditions du Canoë, 2020, pp.71/72/81.

Nature Boy
Auteur, compositeur : eden ahbez ( George McGrew)

Interprète : David Bowie

The Man Who Sold the World | David Bowie

 

 

The Man Who Sold the World est une chanson de David Bowie, qui figure sur son troisième album éponyme paru en 1970.
You’re face to face with the man who sold the world : le sens mystérieux de ces paroles s’éclaire de cet aveu par Bowie lui-même, dans un entretien accordé à la BBC en 1997 : «Je crois que je l’ai écrite parce que j’étais à la recherche d’une partie de moi-même. Aujourd’hui, je me sens plus à l’aise avec ma façon de vivre et avec ma santé mentale [rires] et mon état d’esprit et tout ça, j’ai une sorte d’impression d’unité. Pour moi, cette chanson a toujours symbolisé la façon dont on se sent quand on est jeune, quand il y a une partie de soi-même qui n’est pas encore tout à fait en place. Il y a cette période de recherche, ce besoin de découvrir qui on est vraiment.»

On suppose que le texte fut inspiré par un poème titré Antigonish, dont l’auteur est le poète américain William Hughes Mearns :

Yesterday upon the stair
I met a man who wasn’t there
He wasn’t there again today
I wish, I wish he’d go away
When I came home last night at three
The man was waiting there for me
But when I looked around the hall
I couldn’t see him there at all!
Go away, go away, don’t you come back any more!
Go away, go away, and please don’t slam the door
Last night I saw upon the stair
A little man who wasn’t there
He wasn’t there again today
Oh, how I wish he’d go away

William Hughes Mearns

 

Les cas ne sont pas rares, nombre de chansons connues — surtout anglophones, puis dans d’autres langues de ces pays où musique et poésie n’ont pas rompu les ponts — nombre de chansons passées à la postérité connaissent pour source d’inspiration initiale un texte poétique.

 

Auteur, compositeur, interprète : David Bowie

 

Reprise en 1973 par la chanteuse écossaise Lulu, la chanson est alors produite par Bowie lui-même, pour l’occasion guitariste, saxophoniste et choriste, puis coproduite par Mick Ronson qui assure la partition de la guitare. Quant aux autres instruments, ils sont tenus par de fidèles collaborateurs de Bowie.

En 1994, la chanson est reprise par Nirvana. Ci-dessous cette version prodigieuse, interprétée par Kurt Cobain.

 

Sylvie-E. Saliceti

 

 

Kurt Cobain

Auteur, compositeur: David Bowie
Interprète : Kurt Cobain, Nirvana

 

 

We passed upon the stair
We spoke of was and when
Although I wasn’t there
He said I was his friend
Which came as a surprise
I spoke into his eyes
I thought you died alone
A long long time ago
Oh no, not me
We never lost control
You’re face to face
With the man who sold the world
I laughed and shook his hand
And made my way back home
I searched for form and land
For years and years I roamed
I gazed a gazeless stare
We walked a million hills
I must have died alone
A long, long time ago
Who knows?
Not me
I never lost control
You’re face to face
With the man who sold the world
Who knows?
Not me
We never lost control
You’re face to face
With the man who sold the world