Eugénio de Andrade (Portugal 1923-2005)| Chanter

 

 

 

 

 

 Ce clavecin bien tempéré de vos poèmes …

Marguerite Yourcenar s’adressant à E. de Andrade

 

 

Chanter

Le corps brûle dans l’ombre,
cherche sa source.

Je sais maintenant
où commence la tendresse :
je reconnais
l’arbuste du feu.

J’ai connu le désert
de la chaux.

La racine du lin
a été mon aliment,
a été mon tourment.

Mais alors je chantais.

De même que la nuit remonte aux sources,
moi-même je reviens vers les eaux.

 

Eugénio de Andrade, À l’approche des eaux, Traduction de Michel de Chandeigne, La Différence, 2000, p. 47.