Archives de catégorie : Saliceti (Sylvie-E.)

Robert Walser | Retour dans la neige

 

 

 

À mon avis, un beau poème est nécessairement un beau corps, qui doit s’épanouir à partir des mots déposés sur le papier discrètement, distraitement, presque sans idées. Les mots constituent la peau, qui est bien tendue sur le contenu, c’est-à-dire le corps. Le comble de l’art consiste à ne pas énoncer des mots, mais à façonner un corps-poème, autrement dit, à veiller à ce que les mots ne soient que le moyen de former ce corps.

Robert Walser

 

C’est un vaste silence blanc, lui-même bordé d’un léger silence vert ; c’est le lac et la forêt alentour Photographie S.-E. Saliceti  Niesen 12/18

 

Sur le chemin du retour, qui me parut splendide, il neigeait à gros flocons, denses et chauds. Il me sembla presque entendre résonner quelque part un air de mon pays. Mes pas étaient vifs malgré la profondeur de la neige dans laquelle je continuais à progresser avec ténacité. Chaque pas accompli fortifiait ma confiance ébranlée, ce dont je me réjouissais comme un petit enfant. Tout ce qui avait existé autrefois fleurissait et m’enveloppait gaiement d’une roseraie comme un parfum juvénile. Il me sembla presque que la terre entonnait un chant de Noël et presque aussitôt déjà un chant de printemps.

(…)

De quelle manière il m’attire et pourquoi je suis attiré, le bienveillant lecteur le saura s’il continue à s’intéresser à ma description qui se permet de sauter par-dessus les sentiers, les prés, la forêt, le ruisseau et les champs jusqu’au petit lac lui-même où elle s’arrête avec moi et ne peut s’étonner assez de sa beauté inattendue, pressentie en secret. Mais laissons-la parler elle-même dans son exubérance coutumière : c’est un vaste silence blanc, lui-même bordé d’un léger silence vert ; c’est le lac et la forêt alentour, c’est le ciel, un bleu transparent, à demi couvert ; c’est de l’eau, de l’eau si semblable au ciel qu’elle ne peut être que le ciel, et le ciel de l’eau bleue ; c’est un doux silence bleu et chaud et c’est le matin ; un beau, un beau matin.

Robert Walser, Retour dans la neige, Traduit de l’allemand par Golnaz Houchidar, Éditions Zoé, 1999.

 

 

 

Variations de funambule| Angélique Ionatos chante Caussimon

 

 

 

Angelique_Ionatos-Reste_la_lumiere

Le funambule
Auteur  : Jean-Roger Caussimon
Interprète : Angélique Ionatos

Compositeur : Francis Lai

 

 

La destinée serait-elle ce pas éphémère ? Bref état de grâce sur un fil d’acier ? Que signifie Devenir ? Le verbe s’apparente à une chanson nomade. Pour A. Ionatos, il aura souvent signifié l’exil, loin de la langue, loin de la maison grecque donc – puisque la langue est le cœur de la patrie. Devenir, ce sont les points de départ et d’arrivée. Le lieu d’une naissance où l’on revient toujours.  Un pas sur le fil du temps.

La métaphore du funambule évoque l’incertitude, l’oscillation. L’équilibre à ce point de subtilité où l’artiste de Jean-Roger Caussimon — si peu sûr de son pas — ressent le besoin de se retirer, à distance du grand jour. Il ne réapparaît que le soir venu, quand le public est parti, et que la lune dehors à travers les trous de la vieille toile, allume un ciel empli d’étoiles.

À cet instant, pour lui commence la vraie vie : le funambule soudain devient gracieux, agile. Sur une corde tendue d’étoile à étoile, il montre mille prodiges. Funambule-somnambule, il accomplit ses talents en dormant.

De sorte que sa déambulation est toujours quelque peu onirique et nocturne … , et pour cause : elle s’appelle devenir ! Fluente, non pas itinérante : telle est la musique, nous dit Jankélévitch.

Mais voilà : la chute attend le saltimbanque. Chute morale. Inéluctable.

Or face à ce destin qui sombre, résonne le silence lumineux des amis du cirque forain, dont aucun jamais ne révèle au danseur que chaque nuit, il se lève dans son sommeil.

Que faut-il considérer de cet étrange non-dit ?

Dans ce murmure des âmes est enclose une valeur sacrée, mais laquelle ?

Ce silence s’avère — étymologiquement — bouleversant : le secret ainsi maintenu — à l’endroit de la fragilité de l’homme sur un fil — ce secret ouvre un mystère infiniment métaphysique. On y entend que la nuit peut-être est tendre , et qu’il s’agit d’ouvrir les yeux des vivants avec douceur, aussi doucement que si nous fermions les yeux d’un mort.

Soleil crépusculaire. Nuit, puis lumière aurorale. L’ineffable affleure, et qui pour le dire ? La musique, comme la poésie, dit ce qui ne peut être dit, libère la fluidité, conduit le figé vers le mouvement d’une présence pure qui lave les âmes.

Il s’agit bien sûr d’être là, mais au-delà, il s’agit de passer ; et le temps de passer, de mesurer ce qui change. Leçon de funambule : la force demeure au devenir.

Oui, les gens du voyage sont des gens très bien.

 

Sylvie-E. Saliceti

 

Lettre ouverte de R. Johnson aux négriers | Sylvie-E. Saliceti

 


Sylvie-E. Saliceti
Le Nègre parle de l’or
Éditions du Réalgar
Pour commander

Parution aujourd’hui, aux Éditions du Réalgar, de cette lettre ouverte de R. Johnson aux négriers, où l’un des plus marquants représentants du Delta blues donne à plonger dans la mémoire réelle, jusqu’aux racines de la légende.  Chanteur et guitariste de blues exceptionnel et tourmenté, R. Johnson a laissé un héritage essentiel, fondateur de toute la musique afro-américaine et du blues. Il fut un maître notamment pour Clapton et Dylan. Mort à l’âge de 27 ans dans des conditions énigmatiques (l’hypothèse dominante le présumant empoisonné par un mari jaloux), il a écrit l’essentiel de son œuvre ( 30 morceaux dont le trentième a été perdu) en deux temps de fulgurance créative, qui ont accouché de chefs-d’œuvre, notamment Me and the Devil. Johnson prétendait tirer sa virtuosité d’un pacte avec le diable…Puisque la légende, étymologiquement, désigne ce qui doit être dit, cette adresse posthume prend pour cadre le mystère de la vie du grand bluesman, dont l’histoire individuelle s’avère assez chargée de puissance symbolique pour porter l’histoire collective de la négritude en ce début du vingtième siècle, en  Amérique.

Sylvie-E. Saliceti

Je ne sais plus qui vous parle, Robert Johnson ou la poussière ? Le blues ténébreux, ou le jour dardé encore d’étoiles ? Je ne sais plus qui écrit à l’instant de ces lignes ? Moi, ou ce passant inconnu ? Me voilà en même temps celui qui vous parle et un autre. Qui sait, peut-être suis-je une part de vous ? Je suis hors du temps. Vainqueur et vaincu. Poète, tyran. Plein d’allégresse, et de chaînes au front de l’esclave. Mon fleuve est si vieux qu’à lui seul il comprend le bien et le mal. Ils disent que je joue la musique du démon, le Hoodoo est dans ma voix, le soleil a la couleur de ma peau, je chante ici où le noir est lumière.

Chers négriers, cette lettre est le signe d’une étrange alliance entre vous et moi, celle d’un coup de poing achevé en caresse. Pour avoir donné naissance au blues, je suis ce que vous n’aurez pas réussi à faire de moi.

Je suis le Nègre qui parle de l’or.

Sylvie-E. Saliceti, Lettre de R. Johnson aux négriers (Le Nègre parle de l’or) , Éditions du Réalgar, 2021, p.5.

Cross Road Blues
Auteur, compositeur, interprète : Robert Johnson

 

Me and the Devil Blues (Album Me and Mr Johnson)
Auteur, compositeur : Robert Johnson
Interprète : Eric Clapton

 

 

Babx | Dans le paysage contemporain de la poésie mise en musique

 

 

Pour P. A., musicien, poète, chanteur

Olivier Chaudenson, directeur de la Maison de la Poésie et des Correspondances de Manosque, lui demanda une mise en musique de ses œuvres fétiches, et ce fut « Cristal Automatique », au titre emprunté à Césaire. Sur ce premier album produit personnellement, Babx conviait Rimbaud, Baudelaire, Kerouac, Waits, Artaud …

UNE INDÉPENDANCE FAROUCHE

« Bisonbison », le label fondé par Babx, emprunte à ce vers de Miron : « Moi je fonce à vive allure et entêté d’avenir la tête en bas comme un bison dans son destin. » Prise de risque, quête de liberté, il éclaire ainsi sa voie : « Lorsque je me suis séparé de ma maison de disque, j’ai eu besoin de retrouver un sens profond à exercer mon métier. Aujourd’hui, la manière dont la musique se monnaye, soumise au marketing, m’enlevait cette envie, à l’endroit pile où je me sentais inattaquable… ».

D’une indépendance farouche, il livre un travail d’une grande maturité artistique quant à la définition du poème mis en musique, objet impur, musical certes, poétique surtout : « Je viens de la poésie, dit-il, je viens des mots, de ces textes précieux, qui t’apprennent à parler, viennent te chercher là où tu ne te connais pas encore, qui te révèlent à toi-même : ma genèse ».

C’est une vie en poésie : seul ou au fil de collaborations exigeantes (avec «L» tout récemment), il met en musique ou en chanson, ici Celan et Genet, là la «Marche à l’amour» de Miron. Des voies/voix très différentes en somme, mais qu’importe le chemin d’approche puisqu’il est de l’essence du poème de choisir son lecteur au moment opportun.

LE PROCESSUS D’ADAPTATION

Le prélude du disque, emprunte les mots de Léo Ferré – eux-mêmes remaniés depuis Hugo : « il ne faut pas déposer de la musique le long de n’importe quel vers ». Ce qu’il s’agit d’entendre surtout, c’est le désir irrépressible du texte voulant sortir de sa page. Cette urgence appelle la réminiscence de signes, à l’instar de la magie noire d’Artaud : « Pour moi, la poésie relève du vaudou, on égorge des poulets à chaque mot, sourit Babx. Artaud parle des « signes ». Le poète écrit pour les tribus oubliées ; il laisse des traces de sa présence, comme les hommes préhistoriques dans la Grotte Chauvet… »

RÉVÉLATEUR PHOTOGRAPHIQUE

Cristal Automatique « révèle la musique du texte, comme on révèle un négatif en photo », et décrit ce processus du passage de la page écrite vers l’œuvre sonore en ces termes : « je ne sais que partir des mots, pour aller vers la musique, jamais l’inverse. Après lectures, il me reste ce substrat, la lie, le tannin. La trace, l’odeur dans l’air que laisse la pluie après l’orage… Plus qu’une histoire de sens, il s’agit de sons, de sensations… Le texte, même en langue étrangère, devient instrument. On joue de lui, comme on jouerait du piano. Certains comportent déjà des indications musicales, des références, une pulsation. D’autres, en revanche, se suffisent à eux-mêmes, se satisfont du silence… »

« La langue de Kerouac, cymbale nerveuse ; Arthur Rimbaud, organiste vaudou saturé ; Gaston Miron, bison élégiaque, etc. (…) S’ils dialoguent en permanence à travers les siècles et les influences, chacun d’eux possède, pour moi, une forme totémique, une fonction naturelle, comme les Dieux de la pluie, de la chasse, etc.».

DISQUE-OBJET

Cristal Automatique légitimement se revendique d’utilité sociale, en outre il consacre le disque-objet : voici 350 exemplaires luxueux, sertis des illustrations de Laurent Allaire, précieusement reliés par Laurel Parker. «Une idée du geste, un travail de la main ».

Sylvie-E. Saliceti

 

BABX Concert Littéraire

Babx en Concert littéraire

Watch Her Disappear
Auteur : Tom Waits
Compositeur : K. Brennan
Interprète : Babx

Distinction Qobuz et 4f Télérama

 

 

 

Last night I dreamed that I was dreaming of you
and from a window across the lawn I watched you undress
wearing a sunset of purple tightly woven around your hair
that rose in strangled ebony curls
moving in a yellow Bedroom light
The air is wet with sound
The faraway yelping of a wounded dog
and the ground is drinking a slow faucet leak
Your house is so soft and fading
as it soaks the black summer heat
a light goes on and a door opens
and yellow cat runs out on the stream of hall light
and into the yard

a wooden cherry scent is faintly breathing the air
I hear your champagne laugh
you wear two lavender orchids
one in your hair and one on your hip
a string of yellow carnival lights
comes on with the dusk
circling the lake in a slowly dipping halo
and I hear a Banjo tango

and you dance into the shadow of a Black Poplar Tree
I watch you as you disappear
I watch you as you disappear
I watch you as you disappear…

 

 

 

Le dernier jour de l’eau | Sylvie-E. Saliceti

 

 

Imagine  … ce serait le dernier jour de l’eau – exactement comme l’on parle du dernier jour de l’automne  – ce serait le dernier jour des offrandes  de l’eau, quelques gouttes de pluie sur la terre, la terre assoiffée, la terre reconnaissante. La terre infinie rencontrerait sa limite. Imagine …

Et que ferions-nous alors ?

Nous creuserions, nous creuserions à la recherche des sources. Nous irions chercher une autre vérité plus profonde, plus lointaine, vers un ailleurs, vers un autre territoire que rien n’arrête. Nous irions toucher le sol de l’océan, toucher le fond de la mer, là dans les abysses où poussent les fleurs de corail. Nous irions visiter le cœur de la Terre pour découvrir je ne sais quelle autre pierre cachée ? Qui sait ?

Qui sait quelle autre pluie d’étoiles, tombées au fond de l’eau, et que nous rendrions au ciel de la nuit ?

Sylvie-E. Saliceti, 4 mars 2021

 

 

[ Ligne du jour ] Altamira

 

 

On enterre le crâne du bison au pied
du précipice
on enterre le cœur du bison dans la prairie des grands espaces

on enterre l’os d’un oiseau dans la pupille
du chat
on enterre le bec dans la fosse du ciel

on enterre le crâne d’un homme sous le gravier d’une ville
derrière la lumière qui délave
les grilles rouillées

on enterre la vipère sous la montagne
on crache le venin hors de la bouche
la pierre s’en retourne avec l’insulte

le cœur d’une femme est caché où personne ne le trouve.

Sylvie-E. Saliceti 14 mai 2020

 

 

Mark Knopfler & Evelyn Glennie - Altamira recto

Altamira
Mark Knopfler & Evelyn Glennie

 

Mark Knopfler & Evelyn Glennie - Altamira verso

[Ligne du jour] Le soleil est un illusionniste

 

 

 

le soleil est un illusionniste
il sort de sa manche mon cœur
il le gaspille
magicien métaphysique de l’espace et du temps
il s’allume et c’est un crépuscule
il s’éteint et c’est une aube
le soleil incendie le lac avec sa barque
il traverse d’un versant de la montagne à l’autre où se hèlent
les solitudes mûries de fruits
à flanc de coteaux sur les hauteurs du Pirée au milieu des parfums
dont on ne sait plus d’où ils viennent
mandariniers
sophoras
arbres à grenades
partout dans la nuit un brasier de branches

le soleil va et vient sur les ailes du moineau
il entre dans mon logis par la fenêtre
quand frappe la foudre
la prière se balance sous le châle de la terre
courent le troupeau et le vent

le soleil est un psalmiste
le soleil est un illusionniste
il sort de sa manche mon cœur
il le gaspille

Sylvie-E. Saliceti 2 mai 2020

Le soleil est un psalmiste Phot. S.-E.S.

Le soleil s’est éteint
Auteur : Sergueï Essenine
Compositeur, interprète : Elena Frolova

 

 

 

[Ligne du jour] Chandelle dans la nuit

 

 

Pour Angélique Ionatos

 

les poètes sont les chandelles dans la nuit
d’Athènes
l’archer de gaieté noire scintille au fond des vallées
de Strefi et d’Ardittou
en plein minuit sous la déloyale concurrence de Vénus
le désespoir tremble moins que la mer
diamantine
tu passes le puits de juillet — portant le panier
des chants grecs
les oliviers et les lunes de fer

tu traverses dans un lieu affranchi de la géographie
un territoire immense pour le petit luth
la corbeille que le maçon
accroche
au clou de la maison
et puis ce fameux potager coloré qui embaume Archiloque et Héraclite

tu traverses mais voilà : quelqu’un prend peur devant les îles
pleines de lumière
peur devant l’espace de l’Égée —

l’oiseau de pluie perché sur l’étoile de paille entre alors

par la fenêtre
il trouve refuge dans ton cou
le cycle de l’eau s’achève et rien ne manque
la poésie habite sur ton épaule
la beauté ne fait pas le deuil des soleils à venir
le moineau dans la main, je longe
le petit mur bordé de mûriers qui écorchent les jambes.

 

Sylvie-E. Saliceti 29 avril 2020

ionatos

O kyklos to nerou Le cycle de l’eau
Auteur : Dimitra Manda
Compositeur : Mikis Theodorakis
Interprète : Angélique Ionatos

[Ligne du jour] Oreille musicale

 

 

Il faut une certaine oreille musicale
pour entendre rire Dieu
ou sangloter le diable pour une fois
sincère
pour sourire sur la chanson triste de Verlaine
— entendre les mots hier lancés au fond de l’eau
revenir murmurer par-dessus

l’épaule
accueillir l’enfant et son grand secret
parler la langue du chat et du chapardeur de thon
lire dans le graffiti du métro une phrase de prophète

il faut être un compositeur-né
pour écrire la partition du temps qui passe
celle du soupir qui souffle sur la flamme
la respiration de l’alouette
le bruit des os dans le sac
il faut sentir le rythme des bonnes choses qui pulsent sous la peau

du côté gauche— cette beauté rythmée

l’abeille et le corbeau
la fumée
les miroirs

seule l’oreille absolue du musicien trouve la note juste de l’orage
le tempo de la joie
l’algorithme de la lumière
et l’ordre mathématique du monde.

 

Sylvie-E. Saliceti  23 avril 2020

Smoke and Mirrors
Auteur, interprète : Agnes Caroline Thaarup Obel

[Ligne du jour]Qasida des deux palombes obscures

 

 

 

Le mot que tu cherches, et s’il dormait, paisible sur un seuil, un oiseau aussi tranquille que les neuf vies du chat ? Ce mot, appelle-le blasphème ou arilles enfoncés dans la bouche du roi. Ou fleuve Tartessos. Apelle-le chanson du cavalier sous la lune des brigands. Chante la qasida des deux palombes obscures. Casida de las palomas oscuras, aussitôt la sépulture de l’homme est portée par l’oiseau aux plumes de sa traîne, ou celles de sa gorge. Ce mot, appelle-le ville qui s’éteint. Appelle-le comme bon te semble. Mais ce mot, ne l’appelle pas tristesse. Ce mot, appelle-le paradis clos. Appelle-le grenade.

Tout ce temps passé à chercher un mot perdu. C’est à rendre fou, ou infiniment sage. Toute une vie à retrouver à travers la ville sans sommeil un jeune dieu au visage fatigué.

Sylvie-E. Saliceti 21  avril 2020

 

Casida de las palomas oscuras par Marta Gomez
Auteur : Federico Garcia Lorca

Casida de las palomas oscuras par Carlos Cano Version Divan del Tamarit
Auteur : Federico Garcia Lorca