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Vesperland | Ten poems by Emily Dickinson

 

Vesperland est l’autre nom d’un projet artistique ambitieux, mené de main de maître par Mikael Cointepas qui met en musique, puis interprète quelques grands poètes de langue anglaise du XIXème siècle. Musicalement, on le situe entre folk et rock, ce qui n’empêche pas une véritable recherche, propre à créer une esthétique sonore hors du temps pour chaque auteur abordé ;  la voix et la guitare ainsi dessinent au fil des morceaux « un univers sonore pouvant évoquer la lumière des grands espaces, comme la noirceur urbaine». William Blake marque le début de l’aventure discographique de Vesperland, laquelle se poursuit avec ce dernier album titré « Ten poems by Emily Dickinson ».

Voici en somme le résultat d’une belle maturité, à même de servir d’exemplarité dans le domaine balbutiant de la cantopoésie. Pourrait-il en être autrement que cet éternel tâtonnement, quand la matière  cantopoétique – à chaque nouvelle mise en musique d’un poète – demande d’oublier ce que l’on sait  ou croit savoir de ce dernier ?

Sylvie-E. Saliceti

I know some lonely Houses off the Road
Auteur : E. Dickinson
Compositeur, interprète : Mikael Cointepas

 

 

I know some lonely Houses off the Road

I know some lonely Houses off the Road
A Robber’d like the look of—
Wooden barred,
And Windows hanging low,
Inviting to—
A Portico,
Where two could creep—
One—hand the Tools—
The other peep—
To make sure all’s asleep—
Old fashioned eyes—
Not easy to surprise!

How orderly the Kitchen’d look, by night,
With just a Clock—
But they could gag the Tick—
And Mice won’t bark—
And so the Walls—don’t tell—
None—will—

A pair of Spectacles ajar just stir—
An Almanac’s aware—
Was it the Mat—winked,
Or a Nervous Star?
The Moon—slides down the stair—
To see who’s there!

There’s plunder—where—
Tankard, or Spoon—
Earring—or Stone—
A Watch—Some Ancient Brooch
To match the Grandmama—
Staid sleeping—there—

Day—rattles—too
Stealth’s—slow—
The Sun has got as far
As the third Sycamore—
Screams Chanticleer
« Who’s there »?

And Echoes—Trains away,
Sneer— »Where »!
While the old Couple, just astir,
Fancy the Sunrise—left the door ajar!

Emily Dickinson

F 311 (1862) 289