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Alors…

Alors viendra pour moi la morte
qui m’enfanta, me berça en chantant.
Et l’amour dans mon coeur cessera.
La loyauté aussi s’en ira.
Les chants retourneront au silence,
l’esprit s’étendra comme l’univers.
Mon âme s’échappera hors de moi, enveloppe vide,
et comme à rebours du monde vagabondera
la patience d’exister.
Mon corps partira en lambeaux,
telle l’étoffe rongée aux mites.
Et puis la morte les rassemblera,
qui vivait, me berçait en chantant.

Juin 1937

Attila József, Le Mendiant de la beauté, Poèmes traduits du hongrois par Francis Combes, Cécile A. Holdban, Georges Kassai, édition bilingue, Le Temps des Cerises, 2014, p.87.

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