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Elabouga *

J’appelle — mais à poings fermés Marina dort.
Elabouga, Elabouga, glaise de cimetière,

Ton nom serait celui d’un fichu marécage,
On verrouillerait sa porte avec un tel mot.

Même les chenapans tu leur ferais peur,
Marchands et brigands doivent remplir tes tombeaux.

Sur qui as-tu soufflé un froid féroce ,
Tu entendis Marina, son dernier mot.

À présent, maudite, — tu ne pleures donc rien ?
C’est ton or qui brille et tu caches Marina !

Arséni Tarkovski, L’avenir seul, Poèmes, Fario, 2013, p. 43.

* Elabouga est la ville où, le 31 août 1941, se pendit Marina Tsvetaeva.

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