Anne Sylvestre, loin des circuits commerciaux, cisèle ses textes. Elle joue de la chanson comme d’un couteau : le réel est décrit là avec une singulière acuité — une lumière née de la nuit, sombre soleil rappelant celui de Barbara à ses débuts. L‘humour s’équilibre avec la profondeur, et l’ironie avec la nostalgie. La gravité et l’éclat de rire vont de pair. 

Possédant un indéniable talent romanesque, à l’instar de Brel et des Magnifiques,  A. Sylvestre développe un sens très sûr du récit. 

Magie du texte court : quelques rimes, un refrain ;  en trois minutes se produit l’infime miracle, et l’herbe tremble, et abonde quelque verte prairie dispensant la fraîcheur partout où l’on désire vivre, là-bas ou ici, dans un coin miraculeusement préservé de ces pays où les hommes ont toujours raison. La chanson alors s’élève ainsi qu’une respiration essentielle, un trait lucide, une émotion pure, créatrice d’une qualité de la présence déshabillée de la pataude épaisseur des certitudes.

Un art en somme méthodique : celui des gens qui doutent.

Sylvie-E. Saliceti

 

 

 

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quand ils promènent leurs automnes au printemps

 

Les gens qui doutent
Auteur, compositeur : Anne Sylvestre
Interprètes : Vincent Delerm, Jeanne Cherhal, Albin de la Simone

 

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