Volée blanche

Et de ton souvenir je retire ce jour,
Pour que tes yeux demandent sans force et troublés :
Où ai-je vu ce lilas de Perse,
Ces hirondelles, cette maisonnette en bois ?
A mon nom tu te rappelleras
L’angoisse des désirs innommés,
Et dans les villes rêveuses tu chercheras
Cette rue qui ne figure sur aucun plan.
A l’aspect de chaque lettre fortuite,
Au son de voix derrière la porte entrouverte,
Tu penseras : c’est elle
Qui est venue en aide à mon trop peu de foi.

Anna Akhmatova, Volée blanche, Traduction Christian Mouze, Harpo &, 2011

 

 

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